François Ruffin est un homme politique, journaliste, réalisateur et député de la Somme (1ʳᵉ circonscription) depuis 2017. Il est aussi ancien membre de La France insoumise (LFI), mais il a rompu avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

François Ruffin est candidat à l’élection présidentielle de 2027, et sa campagne s’appuie sur le mouvement Debout ! (anciennement Picardie debout ! fondé en 2017) qui est un parti politique de gauche et de la gauche radicale. Le parti a été lancé à l’échelle nationale par François Ruffin le 28 juin 2025. Sa politique est orientée vers la défense du monde du travail, l’écologie, et la critique des élites financières. Ces cibles prioritaires sont les classes populaires et moyennes, notamment en zones rurales et périurbaines, mais son message fait sens à toutes les couches de la population qui sont accrochées aux valeurs de la gauche.

Les membres du mouvement Debout ! ont travaillé sur des cahiers de campagne qui décrivent les axes des actions politiques qui serons menées en cas d’élection de François Ruffin. A ce jour 6 cahiers ont été rédigés, et nous allons les résumer dans cet article. Je m’excuse d’ores et déjà pour la longueur exceptionnelle de cet article, mais il y a un foisonnement d’idées intéressantes, et de mesures envisagées, et il est important de toutes les présenter.

 1 – Pour un statut des travailleuses & travailleurs essentiels

Pour commencer citons François Ruffin : « Les Français aiment leur travail, en sont fiers, construisent leur identité autour. Mais ils n’aiment pas comment on leur fait faire leur travail, comment on l’organise, comment on le pressurise. D’où un découragement, presque une déception. De la « valeur travail », nos dirigeants en ont plein la bouche. Mais dans leurs actes, ils font tout l’inverse. Nous portons ce mot d’ordre simple : que tous les Français, que toutes les Françaises puissent vivre de leur travail, bien en vivre, et pas seulement en survivre. Mais aussi : qu’ils puissent bien le vivre et non en souffrir ».

Pour Debout ! il est grand temps de donner un véritable statut et de changer la vie des millions de travailleuses et travailleurs essentiels.

Les travailleuses et travailleurs essentiels sont les suivants :

–          Les métiers du lien : assistantes maternelles, travailleurs familiaux, accompagnantes d’élèves en situation de handicap, femmes de ménage, infirmières, employés de libre-service, aides-soignantes, employés de maison,…

–          Les métiers dont l’activité ne peut être interrompue même en cas de crise grave : secteurs de l’agriculture, des matières premières, de l’industrie, de l’énergie, de l’eau, du traitement des déchets, des transports, de la santé, du social,…

–          Des métiers non-télétravaillables : agro-alimentaire, santé, commerce, sécurité, nettoyage, transports, travailleuses et travailleurs manuels et employés des services.

–          Des métiers à forte pénibilité : qui ne sont pas soutenables jusqu’à la retraite.

Il y a d’abord eu des choix économiques qui font que ces travailleurs et travailleuses de la première ligne ont des salaires inférieurs en moyenne de 30 % à l’ensemble des salariés. Cette faiblesse des salaires est aussi la conséquence d’une dévalorisation des métiers du lien et du soin qui sont occupés majoritairement par des femmes. Lorsqu’il est rémunéré, ce travail est toujours considéré comme peu qualifié et peu productif alors qu’il fait appel à de nombreuses compétences.

Ces métiers se caractérisent par des conditions de travail plus difficiles que celles des autres salariés :

–          Ils sont beaucoup plus exposés à des risques professionnels, et ont deux fois plus de risques d’accident du travail.

–          Ils sont deux fois plus souvent en CDD ou en intérim.

–          L’ancienneté dans l’entreprise est en moyenne plus faible : ces conditions de travail empêchent que dans ces métiers on puisse faire carrière, une part importante des salariés ne s’estimant pas capables de poursuivre le même travail jusqu’à la retraite. Pourtant, ils bénéficient moins de formations que le reste des salariés.

Enfin, ils sont davantage touchés par les horaires ou jours de travail atypiques, par le morcellement de leurs journées et par l’imprévisibilité de leurs horaires. Souvent à temps partiel, leurs journées s’étirent bien au-delà de la durée légale de travail. Le point commun des métiers du lien et du soin, qui re­présentent environ un tiers des salariés, est donc qu’ils sont producteurs de services essentiels à la population mais que leur rémunération ne reflète ni l’utilité collective de leurs missions, ni la pénibilité de leur condition.

Face à ce constat, que propose le mouvement Debout ! ?

Les liens plutôt que les biens. « Le progrès passera désormais par la qualité des liens, des soins, de l’éducation, des relations humaines que nous entretenons. Notre projet de société, c’est de soigner les liens, d’en prendre soin ». La tâche du mouvement est de les représenter politiquement, et d’aider cette classe sociale à prendre conscience de sa propre force. « Notre tâche, c’est de défendre ceux qui en bavent contre ceux qui se gavent ». Ce combat est à la fois féministe, antiraciste et populaire.

L’État doit être protecteur pour les travailleuses et travailleurs de la première ligne. Il ne faut pas tout attendre de la négociation collective. Tout ne peut pas reposer sur l’espérance que les accords professionnels de demain seront plus favorables aux salariés. Le déséquilibre dans le rapport de force entre les employeurs et les salariés ne permettra pas d’améliorer suffisamment les conditions de travail. La puissance publique doit désormais, plus que jamais, prendre ses responsabilités et offrir aux salariés de la première ligne un statut et un revenu dignes du service apporté à la collectivité.

Sur le modèle du principe « pollueur-payeur », le mouvement défend le principe du « broyeur-payeur » afin d’augmenter le coût du mal-travail pour tous les employeurs qui imposent des conditions de travail dégradées. À l’image des pétroliers-poubelles qui souillent régulièrement nos plages, ces entreprises doivent payer au prix fort les efforts de leurs salariés.

Les mesures à prendre sont les suivantes :

–          Indexation des salaires sur l’inflation.

–          Revalorisation des grilles de classification (plus de grilles inférieurs au SMIC et une progression en cours de carrière).

–          Lutter contre les horaires atypiques en rémunérant double les heures avant 8h et après 18h. Mais aussi comptabiliser les heures de travail invisibles (ex. : temps de transport entre deux lieux de travail) et réduire l’amplitude horaire des journées.

–          Fin du temps partiel subi par les salariés essentiels et imposer une durée minimale hebdomadaire de travail identique pour tous (24 heures hebdomadaires dans le droit du travail).

–          Garantir un droit à la retraite anticipée pour compenser la pénibilité.

–          Soutenir la promotion interne au sein des branches et des entreprises (par la formation notamment).

–          Garantir un droit à la reconversion professionnelle.

–          Les salariés des sous-traitants doivent avoir les mêmes droits que les salariés de l’entreprise donneur d’ordre.

–          En finir avec l’usage abusif de l’intérim (interdiction sur les activités permanentes).

–          Assurer un droit au logement abordable et à proximité du lieu de travail en augmentant la participation des employeurs au logement des travailleuses et travailleurs essentiels.

–          Affirmer la vocation sociale du 1% patronal et prioriser les travailleuses et travailleurs essentiels.

2 – Pour une séparation de l’argent et de l’État

Dans le jugement rendu, en première instance, contre Nicolas Sarkozy figure cette expression : « Crime contre la Nation ». Le mouvement Debout ! fait de la probité une priorité en vue de la présidentielle : non pas pour laver plus blanc, mais pour renouer la confiance avec les citoyens, pour que notre économie soit défendue, et pour que l’État soit séparé de l’Argent.

Le constat est qu’il ne peut y avoir de justice sociale sans probité ; de souveraineté sans séparation de l’argent et de l’État ; et de république si l’intérêt général reste livré aux intérêts privés.

Depuis 2017, 26 ministres ont été mis en cause dans des affaires politico-judiciaires. Dans l’indice 2024 de perception de la corruption de « Transparency International » la France a reculé au 25ème rang mondial. L’ONG parle d’une dégradation alarmante et inédite , et estime que la France risque de perdre le contrôle de la corruption.

Quelques constats :

–          L’exemple ne vient jamais d’en haut (le Président fixe lui-même son salaire en toute liberté).

–          Gouverner c’est servir et non se servir. La corruption est devenue un système et non un accident. Les pouvoirs de l’argent ont la mainmise sur la loi.

–          L’État se sépare d’agents publics compétents et fait de plus en plus appel à des cabinets privés, payés très cher.

–          Les gouvernants parlent de souveraineté mais ils vendent le pays à la découpe (1500 entreprises françaises rachetées par des acteurs américains : Alstom, Technip, Latécoère, Exxelia, Ommic, Opella productrice du doliprane, etc.).

Les mesures à prendre sont les suivantes :

–          Fin des avantages personnels des présidents de la république et des ministres, pendant et après leur mandat. Plus de liberté de fixation des salaires, et cohérence des salaires du Président et des ministres avec l’échelle des salaires.

–          Application de l’exigence d’exemplarité à l’ensemble des élus : bulletin n°2 du casier judiciaire vierge d’atteintes à l’ordre social, crimes et délits d’ordre sexuel, manquement au devoir de probité. Pas de conflits d’intérêts financiers directs et plus grande transparence de la propriété effective.

–          Fin du cumul des mandats exécutifs locaux et des fonctions ministérielles.

–          Création de la Haute Autorité à la Probité qui fusionnera l’ensemble des organes existants concernant l’éthique de la vie publique.

–          Instauration d’une période de « refroidissement renforcé » pour les ministres sortants et leurs équipes. Période de 10 ans, sur le modèle néerlandais, qui ne permettra pas de travailler pour des administrations ou entreprises qui ont eu un lien avec les précédentes responsabilités.

–          Encadrement strict du « pantouflage » pour les hauts fonctionnaires, et interdiction du « rétro-pantouflage » (pas de retour dans l’administration).

–          Priorité au savoir-faire public, et réinternalisation des compétences publiques : « mettre McKinsey au chômage ».

–          Encadrement strict du lobbying : Pour chaque projet de loi, décret, arrêté, une fiche publique indiquera qui a été consulté, qui a été rencontré, et qui a contribué ; simplification des seuils déclenchant l’obligation d’inscription au registre des représentants d’intérêts ; prise en compte des actions de lobbying indirect (pseudo-études scientifiques, campagnes de communication, etc.) ; et fin de l’anonymat des démarches d’influence (mise en place d’un cahier des « visiteurs du soir » pour les membres du gouvernement, conseillers ministériels et fonctionnaires stratégiques, sur le modèle suédois).

–          Faire de l’indépendance du parquet une réalité, en renforçant son indépendance.

–          Supprimer la convention judiciaire d’intérêt public qui permet à une entreprise de s’arranger avec la justice en payant une amende contre l’abandon des poursuites.

–          Rendre collégiales les nominations aux postes à responsabilité, notamment possibilité pour les parlementaires de s’opposer, avec une majorité simple, à des nominations faites par le Président de la République.

–          Mettre à l’écart les acteurs privés des décisions économiques stratégiques de l’État : refus notamment de la privatisation et du démantèlement des services publics.

–          Mettre en place les conditions d’une réelle souveraineté économique en défendant les entreprises privées stratégiques face aux ingérences étrangères.

–          En finir avec le pouvoir démesuré du ministre de l’économie, en supprimant le droit du ministre de l’économie de décider, seul, de l’avenir des fleurons de la nation.

3 – Pour renouer avec le temps des loisirs

Nous constatons que le temps libre est sacrifié à cause de quotidiens trop chargés. Le temps par semaine dédié aux pratiques d’activités créatives, artistiques, sportives et scientifiques n’a cessé de diminuer, et les associations sportives, culturelles et d’éducation populaire peinent à recruter des bénévoles. Les Françaises et Français lisent moins régulièrement qu’il y a dix ans, tout comme ils dorment de moins en moins. Pourtant, 62 % des Françaises et des Français ont une pratique artistique, dont 85 % des moins de 25 ans. 16 millions s’engagent dans des associations.

La démocratie culturelle est encore à l’état de friche. Les Maisons de la Culture de Malraux, le prix unique du livre, la Fête de la Musique sont des actions démocratiques, mais il faut aussi que le peuple soit acteur et décideur des pratiques culturelles qu’il désire.

Des choix budgétaires sont contraires à notre constitution : les coupes budgétaires opérées par les libéraux touchent en premier lieu le secteur des loisirs (réductions des financements accordés aux festivals par exemple), car ils considèrent que les loisirs et la culture constituent l’une des premières variables d’ajustement des politiques d’austérité, car facultatives. La diminution des budgets alloués aux associations, à la culture et aux sports impacte directement les emplois qui en dépendent.

Enfin, l’inflation subie par les Français les prive de loisirs. Chaque année, ce sont encore 40 % des Français qui ne partent pas en vacances. Pour beaucoup de familles inscrire deux enfants à des activités sportives ou culturelles n’est plus possible pour des raisons financières.

Pour le mouvement Debout ! il faut redonner à ce secteur fragilisé les moyens matériels et humains pour fonctionner, mais aussi sortir de la société des biens pour aller vers la société du lien. Les loisirs doivent être pour toutes et tous. Investir dans les loisirs, ce n’est donc pas financer un supplément d’âme : c’est agir à la fois pour la santé publique, la cohésion sociale, l’éducation et la démocratie.

Les mesures à prendre sont les suivantes :

–          Soutenir les bénévoles, les associations et les intervenants qui permettent aux loisirs d’exister en reconnaissant et en sécurisant le bénévolat par un vrai statut (protection sociale partielle, droit à la formation…) et la création d’un congé bénévole rémunéré (possibilité par exemple aux salariés des grandes entreprises de s’engager une demi-journée par mois dans l’association de leur choix).

–          Rénover les Maisons du Peuple et les salles de fêtes, avec une dotation d’un milliard d’euros par an pendant 5 ans (rénovation du parc existant, ouverture plus large des bâtiments publics existants, création d’équipements polyvalents dans les zones actuellement dépourvues).

–          Renouer entre l’État et le secteur associatif qui est un pilier essentiel de la vie démocratique : en simplifiant le labyrinthe administratif (guichet unique des subventions) ; en rétablissant les contrats aidés dédiés (60 000 postes pris en charge par l’État) ; en créant un véritable statut du dirigeant et du bénévole associatif ; en garantissant l’accès à toutes et à tous au sport et aux loisirs ; et en faisant de la subvention la norme.

–          Renouer avec l’esprit originel des vacances pour tous, par plusieurs mesures : en instaurant un droit automatique à un premier départ collectif (droit garantissant que chaque enfant bénéficie d’au moins un séjour collectif en colonie) ; en fusionnant les dispositifs existants en un guichet unique (bons CAF, Pass Colo, etc.) ; en rendant le BAFA gratuit (actuellement cela coûte entre 700 et 1300 euros) ; en finançant l’itinérance des animateurs, par des véhicules et minibus dédiés, pour aller à la rencontre des jeunes dans les zones rurales et populaires ; en menant un grand plan pour partir en vacances à moindre coût grâce à des tarifs de transports accessibles (billet populaire pour le TER au mois d’août, plafonnement du prix des avions entre la France hexagonale et les DOM-TOM, baisse des tarifs de péage en reprenant la main sur les autoroutes) ; en investissant dans le tourisme social (auberges de jeunesse, campings municipaux, villages de vacances associatifs) et en maintenant une offre non lucrative ; en fédérant une route nationale des métiers d’art (portail recensant l’ensemble des ateliers et marchés locaux) et en poursuivant la présence des grandes institutions culturelles en région pendant les vacances.

–          Garantir l’accès à la culture pour toutes et tous : tout d’abord au travers du Pass Culture dont la part collective sera rétablie et augmentée (projets menés par les établissements scolaires), le dispositif élargi aux adultes et plus seulement aux mineurs, et la mise en place d’une plateforme du Pass Culture qui sera un outil au service des pratiques amateurs. Ensuite en développant le prêt gratuit de matériel de loisirs en médiathèques, structures sociales et ateliers de pratiques manuelles par quartier. Enfin, en refondant la pédagogie et l’ambition populaire des enseignements artistiques : s’ouvrir à des associations et des intervenants extérieurs ; ouvrir davantage l’enseignement de la danse, de la musique, du théâtre, du cirque et des arts en général en formant des artistes épanouis.

4 – Pour une exception agriculturelle française

L’objectif est de faire que les paysans puissent vivre de leur travail, nourrir notre pays et prendre soin de l’environnement.

Bruno Dufayet, à l’époque président de la Fédération nationale bovine, lui-même éleveur, interpelait ainsi les députés : « Vous voulez la compétition, le modèle néo-zélandais ? On le fera. Une agriculture familiale de proximité, qui intègre le bien-être animal ? On le fera. Vous voulez tout à la fois ? C’est aux Français et à vous, les politiques, de fixer un cap. »

Pour François Ruffin, « il n’y a pas de ≪ en même temps ≫, pas de schizophrénie, pas d’hésitation. Le cap est tranché : il s’agit de nourrir les 67 millions de Français, et de bien les nourrir. Point-barre. Et s’il y a des surplus, eh bien soit, ce sera exporté, mais l’objectif n’est plus là. Voilà le but. ».

Le mouvement Debout ! fait les constats suivants : le libre-échange affaiblit depuis des décennies notre filière agricole. La France reste un grand pays agricole mais notre solde agricole et agroalimentaire devient négatif, après 50 ans de positif. Notre agriculture est jetée dans une arène mondiale où tout tire vers le bas. L’agriculture n’est pas une marchandise comme les autres : elle nourrit la population, entretient les paysages, fait vivre les villages. Alors elle doit être protégée en la sortant du grand casino du libre-échange.

Les agriculteurs sont de moins en moins nombreux, et avec des écarts de richesse qui profitent toujours aux plus gros. En 50 ans, le nombre de fermes a été divisé par quatre et les agriculteurs représentent aujourd’hui moins de 3 % de la population. L’agriculture dérégulée, industrielle et intensive, tue notre souveraineté alimentaire. Aujourd’hui la France n’est plus auto-suffisante (35% des légumes, 55% des fruits et 45% du poulet que nous consommons sont importés). Pour nourrir le bétail de nos élevages, nous importons chaque année près de 4 millions de tonnes de soja latino-américain. Pour sortir de cette dépendance au soja étranger il faudrait dédier toutes les terres agricoles de Bretagne. Ce modèle n’est pas tenable.

Aujourd’hui sur 100 € que dépense un français pour son alimentation, seulement 8 € rémunèrent l’agriculteur ! Et les atteintes à notre santé et à notre environnement ne peuvent plus être ignorées. Il faut donc rétablir des prix qui rémunèrent vraiment le travail de nos paysans. Mais aussi produire pour protéger : une agriculture qui abîme l’eau, l’air et la santé n’est pas une agriculture forte. Il faut sortir de l’élevage industriel au profit de l’élevage herbager et la polyculture-élevage à taille humaine. Et pour cela il faut que le projet ne se construise pas contre les citoyens mais avec eux. Bien manger ne doit pas devenir un privilège, et le juste prix payé au paysan a pour corollaire l’accès de tous a une alimentation de qualité. Ce sont les deux faces d’une même pièce.

Enfin il faut s’adapter au changement climatique, et il est donc vital de changer de cap, le modèle agricole actuel étant insoutenable. Il faut également renouveler et former les paysannes et paysans.

Les mesures à prendre sont les suivantes :

–          Instauration de prix minimums garantis pour les produits agricoles. Les outils de protection du revenu des agriculteurs qui existaient dans le cadre de la PAC ont été progressivement démantelés depuis les années 1990. A l’exemple de nos voisins espagnols qui ont introduit dans leur droit le principe d’interdiction de « destruction de la valeur », nous proposons d’aller au bout de cette logique, en imposant aux acheteurs, de manière réellement contraignante, des prix minimums garantis pour nos agriculteurs. Cela pourra se faire en mobilisant les interprofessions représentatives, en imposant plus de transparence voire d’encadrement des marges pour éviter les abus, et en ne laissant pas les acteurs économiques sans défense sur un marché toujours plus ouvert (favoriser les produits locaux et durables pour les commandes publiques, interdiction de toute importation à des prix inférieurs aux prix planchers fixés nationalement, respect de nos normes, étiquetage systématique des origines des aliments).

–          Généralisation des paiements pour services environnementaux et réconciliation de l’agriculture avec la nature. L’agriculture est aujourd’hui un secteur d’activité ultra-subventionné (11 Mds d’euros chaque année dont 9,5 Mds de la PAC), mais l’argent public doit être mieux réparti (orienté vers la travail et les premiers hectares plutôt que de pousser à la course à l’agrandissement). Pour réconcilier l’agriculture et la nature, Debout ! propose de généraliser les mécanismes de paiement pour services environnementaux (PSE) rémunérant les exploitants pour le développement et la bonne gestion des structures paysagères ; l’eau doit faire l’objet d’une attention particulière, notamment en rémunérant les agriculteurs pour qu’ils protègent l’eau de notre robinet.

–          Sécurisation de la production en bio et la rendre plus accessible. L’agriculture biologique peut être étendue. Elle ne représente que 6% des produits consommés en France, contre 18% en Suisse, et 12% au Danemark. Pour cela, il sera proposé de mettre en place un fonds de garantie pour l’agriculture bio pour redonner de la visibilité aux agriculteurs et ne plus compromettre leur conversion, et redonner du souffle à des filières entières (ce fonds rétablira l’aide indûment supprimée sous l’ère Macron). L’agriculture biologique est un modèle que Debout ! souhaite étendre.

5 – Pour un travaillisme écologique

Face au défi écologique François Ruffin déclare : « Notre méthode, face à ce défi, c’est le travaillisme écologique. Notre modèle, c’est ce qu’a fait le président américain Roosevelt. Dès 1942, engagé dans la guerre contre le Japon fasciste et l’Allemagne nazie, lui canalise tous les capitaux, la main-d’œuvre, les talents, les énergies des États-Unis en une direction : remporter la guerre. Nous devons aujourd’hui opérer le même basculement, la même mobilisation générale face au réchauffement climatique, face au défi écologique. ».

Le constat est que nous sommes face à un immense défi écologique et économique. Défendre l’écologie c’est se mobiliser pour protéger nos conditions de vie. Pour cela il faudra agir à tous les niveaux : rénover les logements, adapter les espaces publics, agricoles et forestiers ; protéger notre eau, bien commun vital à partager démocratiquement ; protéger notre santé car c’est aussi protéger ce que nous mangeons.

Le coût économique et social de l’inaction écologique est exorbitant. En 2023, 15 millions de personnes étaient en situation de précarité de mobilité (1,7 million de plus qu’en 2021), rendues dépendantes de la voiture par l’allongement des distances et l’absence fréquente d’alternatives, et étouffées par la flambée des prix des carburants. Plus de 3 millions de ménages vivent dans la précarité énergétique. Les trois quarts des foyers ont réduit leur chauffage pour limiter leur facture pendant l’hiver 2024-2025, tandis que 1,2 million de ménages ont subi une intervention pour impayé de gaz ou d’électricité en 2024 (+60 % depuis 2021).

La réduction du déficit commercial peut être la boussole pour reconstruire une société plus écologique, économiquement et socialement plus durable. 40 ans de désindustrialisation ont creusé nos dépendances et notre déficit commercial. La France débourse de 60 à 120 Mds d’euros par an pour importer des énergies fossiles. Réduire ces importations, c’est autant d’argent à réinvestir pour reconstruire une économie écologique en France, et créer des emplois.

Mais reconstruire la France sur une base écologique est un chantier titanesque qui ne pourra être mené sans le travail de millions de personnes. Il faudra donc valoriser le travail et les personnes qui le réalisent, mais aussi planifier démocratiquement ces immenses chantiers, et le premier d’entre eux, la sortie des énergies fossiles. Il faudra reconstruire une économie circulaire et sobre, et travailler à prendre soin du monde.

Les mesures à prendre sont les suivantes :

–          Donner une place pour toutes et tous dans la reconstruction écologique. Et pour cela, lancer un grand plan « Territoire zéro chômeur de longue durée » axé autour des travaux écologiques.

–          Valoriser les métiers de la reconstruction écologique et créer des vocations (valoriser auprès des jeunes et des actifs des métiers comme ceux de maraîchers, pépiniéristes, chauffagistes, réparateurs, cheminots, etc.).

–          Planifier à l’échelle régionale les besoins en formation et permettre à chaque travailleur de se former et de se reconvertir.

–          Reconnaître aux travailleurs de la reconstruction écologique le statut de travailleurs essentiels (sujet détaillé au point 1).

–          Adapter les conditions de travail aux effets du dérèglement climatique (loi sur l’adaptation du travail aux vagues de chaleur et aux risques climatiques).

–          Faire progresser la voix des salariés en entreprise : représentation des salariés pour être associés aux décisions stratégiques de l’entreprise et pouvoir engager la transformation écologique sur leurs lieux de travail ; renforcement du statut de lanceurs d’alerte et prérogatives du CSE élargies.

–          Fusionner le Secrétariat général à la planification écologique avec le Haut-commissariat à la stratégie et au plan, au sein d’un Commissariat général à la planification, directement rattaché au Premier ministre.

–          Développer beaucoup plus fortement la démocratie locale autour des enjeux d’écologie, notamment en ce qui concerne la gestion de l’eau (usage et partage de l’eau), en respectant le pouvoir des parlements locaux de l’eau.

–          Organiser des référendums pour de vrais « grands débats ». Depuis 2005, aucun référendum national n’a été organisé en France. Depuis 20 ans, on vote sur des programmes au mieux, sinon sur des noms. Mais, craignant les réponses, les gouvernants ne posent plus de questions. En 2027, le pays comptera près de 4 millions de jeunes nés entre 2005 et 2009, en âge de voter et qui n’auront jamais connu de référendum. Pourtant les grandes questions ne manquent pas : impacts écologiques, sociaux et stratégiques de l’IA, réduction des emballages plastiques et retour de la consigne du verre, encadrement de la publicité pour les produits à fort impact écologique, financement de la reconstruction écologique, etc.

–          Sortir des énergies fossiles, et pour atteindre cet objectif : une rénovation d’ampleur des logements, avec des aides revues et un programme de solidarité climatique pour les plus vulnérables ; des travaux de climatisation des lieux publics accueillant des personnes vulnérables ; une pénalisation des responsables de la catastrophe pour sortir du pétrole (présomption de connaissance de certaines décisions environnementales pour le dirigeant, création d’un délit de faute systémique, encadrement de la délégation de pouvoir, pénalisation du manquement au devoir de vigilance).

–          Se libérer des carburants fossiles en déployant massivement toutes les solutions bas-carbone : leasing vraiment social pour développer les petites voitures électriques produites en France ; développement de l’usage des lignes de train du quotidien ; développement des réseaux de transports publics et des pistes cyclables ; renouveau du secteur ferroviaire pour tripler la part du fret ferroviaire.

–          Produire et consommer une énergie souveraine et décarbonée. Le pétrole et le gaz représentent près de 60 % de notre consommation d’énergie en 2026, et ils sont importés à 99 %. Sortir des énergies fossiles dans nos transports, nos bâtiments et notre industrie permettra de relocaliser en France activité économique et emplois, en les remplaçant par de la biomasse renouvelable (bois, biogaz, biocarburants) et de l’électricité décarbonée, tout en réduisant les consommations. Le déploiement des centres de donnée sera également beaucoup plus encadré.

–          Sortir progressivement du marché de l’électricité. Pour cela il faudra : supprimer la concurrence sur la vente de l’électricité aux consommateurs ; prolonger la durée de vie des centrales nucléaires tant que leur niveau de sûreté est validé ; investir dans les barrages hydroélectriques, et poursuivre le développement de l’énergie éolienne et des autres formes d’énergies renouvelables.

–          Reconstruire une économie sobre et circulaire : en formant des réparatrices et des réparateurs pour développer l’offre de réparation ; en développant sur tout le territoire un réseau de lieux physiques dédiés à l’économie circulaire (maisons de la réparation et du réemploi).

–          Renforcer le pilotage public de l’économie circulaire et sortir des conflits d’intérêts. L’État doit assumer une régulation plus forte. Et pour cela : renforcer les moyens de supervision de l’État ; mettre fin au principe de la concurrence entre les organismes au sein d’une même filière ; réviser la gouvernance des éco-organismes, et notamment leur retirer la responsabilité de la gestion des fonds réemploi et réparation (pour une utilisation plus massive et plus efficace) ; augmenter les montants des bonus réparation ; flécher une partie des écocontributions vers les Maisons de la Réparation et du Réemploi ; créer une taxe « balai » (pour tous les produits hors filières) pour que tous les producteurs contribuent à la prévention et à la gestion des déchets.

–          Marier décarbonation, industrie et économie circulaire. Il faudra développer des boucles industrielles qui permettront d’atteindre une économie circulaire (une centaine de produits à relocaliser ont été listés), avec un grand programme d’investissements dans les usines de recyclage du futur et le renforcement de la demande en produits recyclés via la commande publique. Il faudra également décarboner et consigner le verre pour qu’il y ait moins de plastique, moins d’émissions, et créer ainsi plus d’emplois locaux.

–          Protéger les personnes contre les dégâts liés au dérèglement climatique. Face aux phénomènes à répétition, la protection des personnes et la solidarité seront prioritaires. Il faudra élargir et renforcer la mutualisation des risques climatiques, tout en travaillant à réduire l’exposition des personnes, des biens et des territoires. l’État garantira que les assureurs restent présents sur tous les territoires sinistrés, sans appliquer des surprimes et franchises insoutenables aux ménages, collectivités et entreprises victimes des catastrophes. Les moyens des pompiers et de la sécurité civile seront renforcés, et l’indemnisation des pompiers volontaires sera augmentée.

–          Adapter les espaces publics et naturels face au réchauffement climatique. Il faudra réimaginer et réaménager les espaces publics en créant des « sanctuaires de fraîcheur publics » et organiser de grands chantiers en matière de végétalisation et d’ombrage des espaces publics. Et plus largement, investir dans l’adaptation des infrastructures publiques existantes (rail, électricité, eau, etc.) et dans la régénération d’écosystèmes clés (cours d’eau et forêts).

6 – Pour des logements abordables partout pour toutes et tous

Le logement ne doit pas être considéré comme une marchandise. Les néolibéraux ont fait de nos logements des actifs financiers, dont les investisseurs attendent toujours plus de profits sans prêter attention aux conséquences pour les gens. Par la place qu’il occupe dans nos vies, sa gestion ne peut pas être abandonnée à la main invisible du marché qui accentue les inégalités, en augmentant les profits des plus riches en même temps que les efforts à fournir par la majorité.

Le logement abordable doit être accessible à toutes et tous, alors que les Français se voient contraints d’allouer une part toujours plus importante de leur budget à leur logement.

Les mesures à prendre sont les suivantes :

–          Encadrer les loyers et les prix pour que le logement redevienne abordable. L’expérimentation d’encadrement des loyers faite dans plusieurs grandes villes a permis de réduire les loyers de 4 à 5% par rapport aux villes similaires non concernées par ce dispositif. Il faudra donc la poursuivre et l’étendre à toutes les agglomérations (demandé par tous les bords politiques sauf à Toulouse, Toulon, Nice, petite couronne de Montpellier et Bordeaux). A terme il faudra aussi l’étendre à tout le territoire (les tensions du logement concernent également la plupart des littoraux).

–          Encadrer également les compléments de loyer. Limités aux logements avec une étiquette énergétique égale ou inférieure à C, et avec un plafonnement.

–          Doubler le prêt à taux zéro pour les accédants, avec une solution publique de « second ressort ». Pour permettre d’avoir un impact fort et rapide sur le pouvoir d’achat, il faut doubler les montants possibles des prêts à taux zéro (PTZ moyen passant de 60 000 à 120 000 euros). Il est aussi proposé d’étendre ce dispositif au prêts à taux zéro déjà existants. Enfin, il faudra créer une solution publique de « second ressort » qui permettra aux ménages, qui n’ont pas accès au crédit uniquement en raison d’un contrat précaire, de bénéficier d’un prêt de la part d’une banque publique a un taux réduit (ex. taux du livret A).

–          Lutter contre la spéculation et les inégalités fiscales. Il faut supprimer l’abattement progressif des plus-values (sauf pour les résidences principales), actuellement de 22 ans pour une exonération totale de l’impôt sur les plus-values, et de 30 ans pour les prélèvements sociaux. Il faut également encourager le développement du Bail Réel et Solidaire qui dissocie la propriété du bâti et du foncier (le bâti est la propriété des acquéreurs et le foncier reste la propriété de l’Office Foncier Solidaire qui le leur loue), ce système permettant de réduire de 30 à 50% le coût d’acquisition d’un logement. Il pourrait s’y ajouter une exonération de la taxe foncière pour ce type de logements.

–          Assurer que le logement sert à loger dignement. En réponse à l’explosion des logements occasionnels, des projets de régulations des locations touristiques et des excès de résidences secondaires se développent dans les territoires les plus tendus. Il faudrait renforcer les régulations des résidences secondaires, en donnant la possibilité aux intercommunalités de fixer un quota au-delà duquel toute vente doit être faite pour servir de résidence principale. Pour faciliter l’offre de logements abordables il faut taxer deux fois plus les logements occasionnels, et réduire l’imposition des locations pérennes abordables. Enfin, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires doit devenir plus juste et efficace en la rendant progressive selon les revenus.

–          Rendre effectives les régulations en garantissant une véritable police intercommunale du logement. L’État doit garantir des moyens humains « socles » sur tout le territoire pour renforcer cette police, en la modulant suivant les enjeux en termes d’habitat indigne, de loyers excessifs, et d’invasion des locations touristiques.

–          Lutter contre le sans-abrisme par le logement, plutôt que l’hébergement. Proposer une solution d’hébergement aux 350 000 personnes sans domicile aujourd’hui en France constitue un enjeu majeur pour combattre la grande pauvreté (chaque semaine 17 000 personnes se voient refuser un abri faute de place). Il faut ouvrir 8 000 places d’hébergement d’urgence supplémentaires chaque année dans les zones tendues, mais il est également nécessaire de mettre en place une politique forte de développement du logement très social, avec un seuil minimum d’attribution aux personnes sans-abris.

–          Produire de nouveaux logements pour les étudiants et les jeunes actifs. De tous les publics se sont en effet les jeunes qui sont les plus affectés par la crise actuelle du logement. Ceci en raison, d’un déséquilibre durable sur les territoires et une carence de résidences pour étudiants, d’un pouvoir d’achat sous tension et des jeunes locataires en galère, et d’une sur-demande de logements aggravée par la concentration des formations et des emplois publics dans les métropoles. D’où un programme ambitieux, sur 5 ans,  de développement de 200 000 places (40 000 logements en co-locations) dans les villes étudiantes, à des prix encadrés, en mobilisant le foncier public et les friches privées.

–          Développer massivement une offre de résidence séniors. Le logement des séniors est également un défi majeur. Actuellement il y a majoritairement un maintien à domicile qui s’appuie fortement sur les aidants, mais avec fréquemment un isolement des personnes, et d’un autre côté l’accueil en structure (80% sont des Ehpad) avec un coût moyen élevé. L’idée est donc de développer des « résidences autonomie » (113 000 places actuellement en France) au rythme de 25 000 nouvelles places par an pour accueillir les séniors en perte d’autonomie légère, afin de recentrer les Ehpad sur les cas les plus lourds (GIR 1 & 2).

–          Relancer le logement public et intermédiaire pour garantir aux travailleurs un logement proches de leur travail. La production de logements sociaux a chuté depuis 2017 principalement en raison de la baisse des soutiens et des ressources des bailleurs. C’est pourquoi pour doubler leur production, les bailleurs sociaux ont besoin d’un doublement des soutiens publics, car ils sont également obligés de réhabiliter leur parc énergivore tout en gardant des loyers modérés. Cet effort pourra notamment être financé par la fin des avantages fiscaux aux multipropriétaires, en particulier l’abattement sur les plus-values immobilières. L’objectif est la production d’un million de nouveaux logements à loyer réduit en 5 ans.

–          Produire des logements en ménageant les sols. S’agissant de la construction neuve il s’agit donc en priorité de réduire la minorité d’opérations de logement qui sont encore construites sur des modes très peu denses (en région PACA par exemple, entre 2021 et 2023, 75 % de la surface consommée par le résidentiel a été occasionnée par seulement 8 % des logements produits). Mettre en œuvre des projets d’aménagement qui allient densité et qualité du cadre de vie, demande plus de travail d’ingénierie. Il faut donc poursuivre le développement des offres locales d’ingénierie en urbanisme-architecture, en particulier pour les territoires ruraux et périurbains. Pour investir dans la qualité urbaine, il faudra dégager des marges de manœuvre financières. Cela passera notamment par la maîtrise des prix du foncier, avec un rôle et des moyens renforcés pour les établissements publics fonciers (EPF), et un meilleur encadrement des plus-values foncières.

–          Rénover massivement pour protéger les gens. Les rénovations d’ampleur sont actuellement entravées par des restes à charge trop élevés. Aussi il est proposé de simplifier les Certificats d’Economie d’Energie (CEE) en les transformant en contribution directe au budget de l’Agence Nationale de l’Habitat. Il suffira donc de demander une seule aide avec un barème unique. Avec un dispositif plus simple, et l’ensemble des moyens financiers renforcés, il est possible de multiplier par 3 à 4 le rythme des rénovations d’ampleur (démontrés en Alsace, en Bourgogne ou en Bretagne). Pour faciliter les investissements des ménages les avances de subventions seront étendues aux ménages intermédiaires. Cette politique permettra de protéger les travailleurs du BTP en relançant l’emploi.

–          Rentabiliser les réhabilitations des logements vacants dégradés. Il y a actuellement plus d’un million de logements vacants depuis plus de 2 ans, dont près de 400 000 dans les territoires où les logements manquent pour les résidents. Debout ! propose de rendre les réhabilitations de logements vacants dégradés accessibles et moins coûteuses que le neuf, y compris dans les territoires détendus, grâce aux moyens renforcés du plan « mobilisation pour la rénovation ». Avec la perspective d’atteindre progressivement 60 000 puis 80 000 réhabilitations de logements vacants dégradés par an (contre moins de 10 000 par an actuellement). Lorsque les propriétaires refusent de vendre leur bien vacant dégradé à l’amiable ou d’engager une réhabilitation, les procédures d’expropriation doivent être facilitées et plus rapides pour que les collectivités puissent elles-mêmes réhabiliter les logements et les remettre sur le marché directement ou via un opérateur.

Conclusion

Même si à l’heure actuelle François Ruffin est à moins de 4% dans les sondages pour la présidentielle de 2027, le programme du mouvement Debout ! est très intéressant à connaître, et peut servir de base à des accords éventuels d’alliance à gauche, si ce n’est pour la présidentielle au moins pour les élections législatives qui s’ensuivront. Beaucoup des propositions font sens et apportent des solutions à des problèmes concrets auxquels la majorité des Français sont confrontés.

Un programme, et des idées donc, à discuter, commenter, et à diffuser au plus grand nombre.

Le mouvement Debout ! , n’ayant pas encore eu suffisamment de résultats à l’échelon national, ne reçoit pas de subventions publiques, et il ne fonctionne donc que grâce aux dons des personnes qui veulent permettre l’émergence de nouvelles idées, et aider à faire de la France un pays plus juste et plus respectueux de l’environnement. Alors, n’hésitez pas, et vous aussi faites un don, même minime : Faites un don à François Ruffin

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Bonjour, je m’appelle Christian!

Bienvenu sur mon blog qui a pour objectif d’explorer les sujets les plus importants, à mes yeux, pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Je suis aujourd’hui retraité mais j’ai occupé, tout au long de ma vie active, des postes de dirigeants dans plusieurs sociétés françaises et étrangères. Cela m’a permis de voyager dans le monde entier, de rencontrer des cultures différentes et d’être confronté à des modèles de pensée et des visions économiques différentes.

D’où l’idée de ce blog pour partager mes analyses et aller dans le détail de sujets qu’il nous faut maîtriser pour être un citoyen responsable et informé.