Le mouvement lycéen et étudiant de 2026 en France est un mouvement social national (en métropole comme en outre-mer) de lycéens — élèves de lycées, des établissements d’enseignement secondaire et supérieur —, de professeurs, puis d’étudiants qui dénoncent leurs conditions d’enseignement et de scolarité s’inscrivant dans les actes de manifestations de la Génération Z.
Le mouvement a pris de l’ampleur le 18 septembre 2026 au lycée Saint-Exupéry de Créteil (Val-de-Marne), avant de s’étendre à l’ensemble de l’Île-de-France puis à toute la France et récemment à certains établissements en Belgique, en Italie et en Allemagne. Le gouvernement espérait que le mouvement retombe avec les vacances de la Toussaint, mais il n’en a rien été. Pour exemple, une manifestation non autorisée a débuté aujourd’hui 22 octobre à Paris, et une grande manifestation est programmée pour le samedi 24 octobre dans toute la France. Elle rassemblera les lycéens et les étudiants, mais aussi les gilets jaunes et les syndicats.
On va s’efforcer de résumer, dans cet article, les revendications des lycéens en France, qui ont conduit à ces mobilisations et ces blocus depuis la rentrée de septembre 2026, et qui portent principalement sur leurs conditions d’études et de vie dans les établissements.
Manque de personnel
Une des revendications lycéennes est le remplacement systématique des professeurs absents. Durant l’année scolaire 2023-2024, on a dénombré 995 000 journées de professeurs non remplacés contre 492 000 lors de l’année scolaire 2018-2019. Dans un rapport de 2025 on note que le taux de remplacement est particulièrement bas dans les académies de Versailles et de Créteil qui sont les deux académies qui regroupent l’ensemble de la banlieue parisienne. Le taux est même plus bas que le reste de la France, ces académies n’ayant pas un fort taux d’attractivité pour les professeurs.
Il est aussi demandé le recrutement de plus d’agents (infirmières, psychologues, et assistants sociaux). Actuellement, en France, un établissement sur deux est en sous-effectif.
Conditions matérielles et insalubrité
On constate qu’un grand nombre de bâtiments scolaires doivent faire l’objet d’une rénovation. Beaucoup sont vétustes, la moyenne d’âge dépassant 65 ans. Des plafonds, des murs sont à reprendre, des fenêtres doivent être réparées, le chauffage amélioré en hiver et la climatisation installée pour les étés de plus en plus chauds. Il faut aussi des équipements sanitaires fonctionnels. Qui est responsable de ces travaux ? Pour les écoles maternelles et élémentaires publiques ce sont les communes ; pour les collèges c’est le département ; pour les lycées il s’agit de la région.
L’État, quant à lui, reste responsable du service public de l’enseignement (programmes, recrutements et rémunération des enseignants), mais il ne finance pas les bâtiments scolaires.
Effectifs surchargés
Le nombre d’élèves par classe, est souvent jugé excessif, avec des classes atteignant ou dépassant régulièrement 35 élèves.
Horaires et rythmes scolaires
Les journées de cours devraient être allégées car jugées trop longues. La journée commence souvent à 8h00 pour se terminer à 18h00. C’est difficile pour les jeunes qui habitent loin du lycée et une réorganisation des emplois du temps est donc nécessaire. De plus il y a beaucoup de trous dans les emplois du temps à cause de la réforme du bac de 2018 qui a créé 12 spécialités qu’il est difficile de combiner entre elles. Cela occasionne un vrai casse-tête pour les emplois du temps. Dans son rapport de 2023 l’inspection générale avait fait ce constat et reconnu les difficultés que cela engendrait pour les élèves dépendant des transports scolaires ou habitant loin du lycée. Le sport extra-scolaire est, par conséquence, très difficile à pratiquer compte tenu de l’actuel emploi du temps scolaire.
Orientation et sélection
Les lycéens demandent l’abandon, ou la réforme en profondeur, de la plateforme Parcoursup. Les jeunes de banlieue sont moins favorisés que ceux de Paris. Or, il y a des élèves qui se donnent à fond et qui ne sont pas acceptés dans les établissements qu’ils veulent.
Soutien contre la vie chère
Il existe une convergence avec les revendications plus globales des étudiants, et de certains secteurs de l’économie, contre l’inflation et la précarité. Les craintes sont liées à la précarité étudiante, aux hausses de frais d’inscription ou à la question du gel ou de la suppression des aides au logement (APL).
Solidarité intersyndicale et soutien aux lycéens
Le mouvement est parti initialement d’une mobilisation des lycéens (déclenchée, on l’a dit plus haut, en septembre 2026 à Créteil avant de s’étendre aux universités) et a reçu le renfort des syndicats étudiants et de la fonction publique pour exiger des moyens budgétaires supplémentaires. Selon les organisations étudiantes, l’enjeu est, plus globalement, de dénoncer un désinvestissement de l’État dans l’éducation et l’enseignement supérieur. Cette mobilisation a pris de l’ampleur, alors que le projet de loi de finances du gouvernement, qui doit encadrer le budget de l’État et donc déterminer les moyens donnés à l’Éducation nationale et à l’ESR, devait être présenté le jeudi 1er octobre, avant un examen au Parlement. Une liste de 10 mesures d’urgence réclamées par les lycéens et les étudiants a été établie.
Les 10 mesures d’urgence réclamées par les lycéens et les étudiants
- Rénovation des bâtiments : Réfection des bâtis scolaires et universitaires (chauffage, climatisation et mise aux normes).
- Embauche massive de personnels : Recrutement de personnels éducatifs, de santé (médecins, infirmiers, psychologues), d’accompagnement (AESH) et d’orientation.
- Refonte des rythmes scolaires et universitaires : Réorganisation des emplois du temps et du calendrier de l’année.
- Fin de la sélection à l’entrée du supérieur : Abrogation de Parcoursup et de la plateforme Mon Master, accompagnée de la création de plus de 250 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
- Démocratie lycéenne et étudiante : Refonte des instances représentatives pour donner plus de pouvoir de décision aux jeunes.
- Revalorisation des bourses et aides sociales : Augmentation des bourses étudiantes (avec +200 €/mois demandés pour 300 000 étudiants supplémentaires ou un revenu d’autonomie) et revalorisation des APL.
- Accès au repas à 1 € : Généralisation du repas à 1 euro dans les restaurants universitaires et scolaires pour l’ensemble des étudiants.
- Frais de scolarité et statuts : Abrogation du plan « Bienvenue en France » (qui augmente les frais pour les étudiants étrangers) et suppression de la CVEC (Contribution vie étudiante et de campus).
- Logement étudiant : Gel des loyers du CROUS, encadrement des loyers privés et construction/rénovation massive de logements universitaires (dont 15 000 logements CROUS).
- Fin de la répression : Arrêt des violences policières et de la répression à l’encontre des manifestations et des mouvements de blocage lycéens et étudiants.
Conclusion
On constate qu’il y a de nombreux motifs à l’insatisfaction des lycéens d’abord, et des étudiants ensuite. Les mouvements de lycéens ont marqué les vingt dernières années : en 2005 à propos de la contestation de la loi Fillon et de la réforme du bac ; en 2006, le mouvement historique contre la loi CPE (Contrat Première Embauche) ; en 2010, au moment des mobilisations contre la réforme des retraites et les dégradations des perspectives d’emploi ; en 2018, contre la réforme du baccalauréat et l’arrivée de Parcoursup. Pour celui de septembre 2026, on a vu que les lycéens dénoncent la vétusté des bâtiments, le manque chronique d’enseignants non remplacés, des emplois du temps jugés intenables, la pression du contrôle continu et l’angoisse autour de Parcoursup. L’État va-t-il à nouveau, comme après presque chaque mouvement, ignorer ces revendications et continuer sa politique en matière d’enseignement, jugée insuffisante par notre jeunesse ? L’avenir proche nous le dira.







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