Le quatrième volet de cette analyse de la situation de la France en 2012 concerne le coût de la protection sociale, à la fois sur le plan de l’assurance maladie ainsi que des retraites.
Le tableau ci-dessous donne une vision des recettes et des dépenses consacrées à notre protection sociale, tous régimes confondus (régime général et régimes spéciaux), sur le plan de la maladie (hors mutuelles), de la vieillesse (retraite du régime de base de la sécurité sociale), de la famille (allocations familiales) et des accidents du travail.
Coût de la protection sociale en 2012 (en milliards d’€) |
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Recettes sécurité sociale |
441 |
Dépenses sécurité sociale |
454 |
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Dont cotisations des ménages (dont CSG/RDS) |
198 |
Dont régime général de base |
330 |
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Dont cotisations des entreprises |
204 |
(47% pour la maladie, 33% pour la vieillesse, 16% Famille et 4% accidents du travail) |
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Dont administrations publiques |
39 |
Dont autres régimes de base |
124 |
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Déficit de la sécurité sociale |
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-13 |
Dette cumulée de la sécurité sociale = 143 Mds € |
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On constate que le régime ne s’équilibre pas d’environ 13 Mds d’€ en 2012 (et 143 Mds d’€ de dette cumulée depuis 1990 – seulement 3 années positives depuis cette date). En 2013 le déficit était encore de 12,5 Mds d’€ et de près de 10 Mds d’€ en 2014, malgré des mesures de réduction des dépenses.
On peut se dire par ailleurs que le niveau élevé de chômage pèse sur ce déficit du fait des cotisations salariales et patronales qui font défaut. Mais même dans une meilleure période économique (2006-2008) le déficit annuel a continué de tourner autour des 10 Mds d’€, et le taux de chômage en France est structurellement élevé (entre 8 et 11% de la population active depuis 1990).
Conclusion: si l’on veut mettre fin à ce déficit, il faudra soit réduire le coût de notre protection sociale, en travaillant à la fois sur les dépenses et les niveaux de remboursement, soit augmenter les taux de cotisation qui sont déjà très élevés.
Du côté des retraites complémentaires ARRCO et AGIRC la situation n’est guère meilleure.
Recettes des régimes complémentaires de retraite |
77,4 |
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Dépenses des régimes complémentaires de retraite |
80 |
Déficit des régimes complémentaires de retraite |
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-2,6 |
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Dont AGIRC (tranches B et C) à -1,6 Md€ et réserves de 2,12 Mds |
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Dont ARRCO (tranche A) à -1 Md€ et réserves de 41,9 Mds€ |
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Même si les deux régimes sont en difficultés c’est l’AGIRC (régime traditionnel de retraite des cadres) qui est en situation plus précaire. Son déficit 2012, de 1,6 Mds d’€, ne laisse qu’un peu plus de 2 Mds d’€ de réserves pour les futurs déficits, avec une situation de l’emploi des cadres qui s’est aggravée en 2013.
Le régime ARRCO, bien qu’en déficit, a devant lui des réserves qui devraient lui permettre de faire face aux déficits futurs. Il est probable qu’en cas de trop grand déficit de l’AGIRC les réserves des deux régimes soient mutualisées à un moment donné. Mais pour les deux régimes l’horizon 2020 s’annonce cependant difficile si la situation de l’emploi (et corollairement la rentrée des cotisations) ne s’améliore pas. Il faut s’attendre à d’autres mesures concernant l’âge de départ en retraite et/ou la moindre revalorisation des points de retraite dans les années à venir.
Au final l’ensemble de la protection sociale à la française a été en déficit de presque 16 Mds d’€ en 2012.
Déficit total de la protection sociale |
-15,6 |
Je ne sais pas si vous avez la même opinion que moi, mais il me semble que l’on peut tolérer de gérer le déficit d’une protection qui est exemplaire et enviée par beaucoup de pays développés. Au final nous n’avons « que » 166 Mds d’€ de dette cumulée à fin 2014 (projection). Mais quand on regarde le déficit global de la France, en incluant les dépenses de l’état, déficit qui atteint les 2000 Mds d’€, là, malheureusement, il n’est plus possible de continuer à ce rythme. Il faut sérieusement inverser la tendance, en privilégiant, à mon avis, la protection sociale sur les dépenses de l’état (central et collectivités territoriales).








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