La BCE va injecter massivement des liquidités dans les marchés en achetant de grandes quantités de titres, notamment des emprunts d’Etat.

Par ce biais, la banque centrale évince les investisseurs, qui se reportent vers d’autres actifs financiers plus rémunérateurs comme les actions, ou obligations d’entreprises. Les banques, elles, peuvent se reporter vers la distribution de crédit aux entreprises et aux ménages. Cela doit entraîner une baisse des taux des crédits aux entreprises.

Autre effet bénéfique : la création de monnaie fait baisser le cours de la devise, ce qui favorise les exportations.

La BCE va, dans la pratique, acheter ces titres à partir de mars 2015 à raison de 60 Mds d’€ par mois pendant 18 mois (septembre 2016). L’injection de liquidités sera donc au total de 1140 Mds d’€.

Le risque rattaché à ces titres (défaillance des créanciers) sera supporté par la BCE à hauteur de 80% et de 20% par les banques centrales des pays de la zone Euro. Cela permet de limiter le degré de solidarité des contribuables lors de ces futurs achats.

Si la dette rachetée concernera essentiellement de la dette souveraine (des Etats) sur le marché secondaire, pour le moment on ne sait pas si les dettes grecques et portugaises (les plus risquées) seront exclues du programme ou si la BCE achètera des actifs en proportion du poids de chaque pays dans la composition de son capital.

Le but de ce plan est évidemment de relancer l’économie européenne pour qu’elle ne reste pas bloquée à long terme sur une croissance et une inflation anémiques, autour de 1 % (le mandat de la BCE étant de stabiliser l’inflation autour de 2 %). Au même moment la politique économique européenne doit être coordonnée autour de la relance de l’investissement (avec le plan Juncker et une plus grande flexibilité accordée à la politique budgétaire en échange de la mise en œuvre de réformes structurelles).

Au mieux, si chacun respecte sa feuille de route, la croissance reviendra.

Si les Etats ne remplissent pas leur part du contrat, en réformant et en veillant à leurs dépenses publiques, le plan ne suffira pas à relancer la croissance.

Dans le pire scénario si certains Etats ne pouvaient plus rembourser leur dette, le plan de la BCE aurait un effet redistributif, les pertes encaissées par la BCE devant être épongées par « l’euro système ». C’est pourquoi il est peu probable que la BCE inclue les titres grecs dans ses rachats d’actifs souverains.

Quel effet pour la France ?

Comme d’autres Etats membres de la zone euro, la France tirera des bénéfices du rachat de dettes souveraines par la BCE. La France n’est cependant pas en première ligne, et les bénéfices se sont déjà matérialisés.

Ainsi, les taux pour les crédits de long terme sont passés en trois mois de 2,44 % à 2,28 % en moyenne.

L’Etat est lui aussi gagnant : les taux français à 10 ans s’établissaient fin janvier en dessous de 0,65 %, contre 1,7 % début juillet 2014.

Enfin, le recul de l’euro depuis l’été dernier, en partie induit par la perspective des rachats de dettes souveraines, favorise les exportateurs français.

Ce n’est pas un hasard si le gouvernement milite depuis des mois en faveur d’une action de la BCE. Mais ce n’est toutefois pas le rachat de dettes souveraines qui tirera l’activité en 2015, les taux d’intérêt étant déjà très faibles, contrairement aux pays du sud de l’Europe.

Pourquoi cette mesure est-elle historique ?

Il y a eu une différence d’interprétation de l’impact de la crise ­financière en Europe. Là où les Américains ont vu un choc puissant et persistant, les Européens ont cru à un choc cyclique. En 2011, ils ont donc privilégié les politiques d’austérité – là où les Anglo-Saxons ont poursuivi une politique monétaire très accommodante –, ce qui a conduit à une sortie très lente de la récession en Europe.

L’économie dans la zone euro est d’ailleurs toujours extrêmement faible.

En utilisant pour la première fois un outil que manient déjà les banques centrales, la BCE franchit une étape énorme vers l’intégration de la zone euro. La BCE devient comme toutes les grandes banques centrales du monde.

Dans l’immédiat toutefois, il va aviver les tensions entre les 19 Etats de la zone euro, notamment avec l’Allemagne, qui s’oppose à ce qu’elle considère comme un nouveau pas vers la mutualisation des dettes des Etats, que le Traité interdit.

Aussi l’Allemagne risque de se montrer extrêmement rigide dans les semaines à venir, tant dans le débat sur la réduction de la dette grecque, que sur les questions du respect des règles budgétaires (le pacte de stabilité). Il est probable qu’elle plaide pour un nouveau régime de sanctions afin d’exiger un suivi plus strict par Bruxelles des réformes structurelles promises par les Etats.

Unanimes, les marchés anticipent un euro faible et de manière durable. Ils fondent notamment leurs anticipations sur le fait que tous les programmes similaires menés auparavant dans les autres pays (Etats-Unis, Japon…) ont fait baisser leur monnaie de manière très notable.

Ce résumé a été établi à partir d’un article plus complet paru dans les Echos, à lire ci-dessous :
http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0204098765721-qe-deflation10-questions-pour-comprendre-les-annonces-de-la-bce-1085512.php?B8gqRZdvhyCO6dg2.99

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Je suis aujourd’hui retraité mais j’ai occupé, tout au long de ma vie active, des postes de dirigeants dans plusieurs sociétés françaises et étrangères. Cela m’a permis de voyager dans le monde entier, de rencontrer des cultures différentes et d’être confronté à des modèles de pensée et des visions économiques différentes.

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