Le troisième titre de la loi Macron est intitulé : « Travailler ».

Les  mesures concernées par ce Titre III sont relatives au travail dominical, à la justice prud’homale et au droit du travail.

Le travail dominical :

–          Définition  des  zones  dans  lesquelles  il  est  pertinent  d’autoriser  les  commerces  à ouvrir le dimanche : il s’agit des  zones  touristiques  internationales,  où  l’affluence  touristique  exceptionnelle,  le rayonnement  international  et  l’importance  des  achats  réalisés  par  des  touristes étrangers justifient l’ouverture des commerces, en faveur de l’attractivité de ces zones. Il a été rappelé que ces zones concerneraient quelques secteurs parisiens, ainsi que quelques villes côtières comme Deauville, Cannes ou Nice ; des  gares  dont  la  fréquentation  est  très  importante (une  douzaine  de  gares  voient passer  plus  de  20 000  passagers  chaque  dimanche,  dont  une  forte  proportion  de touristes) et présentent une offre commerciale importante ; des  zones  commerciales,  où  l’offre  commerciale  et  la  demande  potentielle  sont particulièrement  importantes.   Cela permettra de rétablir une cohérence entre les zones commerciales qui peuvent ouvrir  et  celles  qui  ne  le  pouvaient  pas  jusqu’ici  pour  des  raisons  historiques, notamment en région parisienne.

–          Dans l’ensemble de ces zones, les compensations dues aux salariés qui travaillent le dimanche devront  être  définies  par  des  accords  entre  partenaires  sociaux,  au  niveau  de  la  branche,  de l’entreprise, ou du territoire. A défaut d’accord, les commerces ne seront pas autorisés à ouvrir.

–          Ces accords devront être conclus dans un délai de deux ans pour les zones existantes, et devront être  conclus  pour  permettre  l’ouverture  des  magasins  qui  seront  inclus  dans  les  périmètres délimités à l’avenir – notamment les Zones Touristiques Internationales (ZTI).

–          Les parlementaires ont souhaité que ces accords  prennent  explicitement  en  compte  d’autres  aspects  du  travail  dominical :  la  conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, ou  encore la garde d’enfant, qui est particulièrement importante pour les parents seuls qui travaillent le dimanche. Des négociations de branche sur le sujet s’ouvriront dans les 6 mois suivants l’adoption de la loi, afin que les partenaires sociaux déterminent les conditions dans lesquelles les commerces pourront ouvrir le dimanche.

–          Spécifiquement  aux  zones  touristiques  internationales,  l’ouverture  des  commerces en soirée, jusqu’ à minuit, sera autorisée dans un cadre protecteur des salariés.

L’ouverture  sera,  comme  pour  le  dimanche,  conditionnée  à  la  conclusion  d’un  accord  entre partenaires  sociaux,  au  niveau  de  la  branche,  de  l’entreprise  ou  du  territoire.  Les  salariés bénéficient au minimum du doublement du salaire, et de la prise en charge de leur transport au domicile.

–          Concernant  les  dimanches  du  maire,  l’Assemblée  nationale  a  confirmé  que  leur nombre pourrait être porté à 12 par décision du maire. Au-delà de 5, il devra demander l’avis conforme des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

–          Pour l’ensemble de ces zones, le dimanche et spécifiquement aux ZTI en soirée, le volontariat  et  la  possibilité  de  changer  d’avis  pour  le  salarié,  ont  été  réaffirmés.  Il sera désormais requis pour les dimanches du maire.

–          Pour  les  commerces  alimentaires  de  plus  de  400  m²,  c’est-à-dire  dans  les supermarchés  et  hypermarchés,  l’Assemblée  nationale  a  souhaité  porter  à  30%  la compensation salariale minimale dont bénéficient les salariés. Aujourd’hui,  ces  commerces  peuvent  ouvrir  le  dimanche  matin,  sans  compensation  minimale.

La justice prud’homale :

–          La loi vise à rendre une justice du travail plus rapide, plus simple, plus lisible et plus efficace, au service des salariés et des employeurs. Tout en confirmant le paritarisme auquel les partenaires sociaux sont, à juste titre, très attachés.  Pour cela cette juridiction est réformée en profondeur dans son organisation et son fonctionnement, afin de raccourcir les délais de la procédure. Ces  mesures  doivent contribuer à  renforcer  l’autorité  des  décisions  rendues  et  la  prévisibilité  du contentieux pour les salariés comme pour les entreprises.

–          Ainsi le  rapprochement  des  points  de  vue  des  parties,  hors  procès,  sera  possible  grâce  à  la possibilité de recours aux modes alternatifs de règlement amiable des litiges. Concrètement, le  bureau  de  conciliation  et  d’orientation,  au-delà  de  sa  vocation  initiale,  devient  un  pivot essentiel  de  la  procédure,  avec  la  charge  de  mettre  en  état  le  dossier  de  jugement  et d’orienter les parties, ce qui améliorera la fluidité du procès et donc sa qualité et sa rapidité.

–          Un  bureau  de  jugement  restreint  est  créé,  statuant  dans  un  délai  de  3  mois  de  manière  à faciliter et accélérer les procédures.

–          Une procédure de recours plus rapide à la formation de départage est prévue.

–          Les juges peuvent s’aider d’un référentiel indicatif pour la fixation des dommages et intérêts, en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.

–          Le  cadre  disciplinaire  applicable  aux  personnes  participant  à  l’exercice  de  la  justice prud’homale est également rénové. Ainsi les obligations déontologiques sont renforcées. Un  véritable  statut  du  défenseur  syndical  est  créé,  permettant  de  renforcer  la  place  des partenaires sociaux dans la procédure.

–          Une obligation de formation initiale, tant pour les conseillers salariés que pour les conseillers employeurs, complémentaire de la formation déjà dispensée par les organisations syndicales de salariés et les organisations professionnelles d’employeurs, est instituée.

Mesures relatives au droit du travail

–          Pour lutter notamment contre la concurrence déloyale et le travail illégal, le Gouvernement est habilité à  prendre  des  mesures  renforçant  le  rôle  de  surveillance  et  de  sanction  dévolu  à l’inspection du travail.

–          La  peine  d’emprisonnement  associée  au  délit  d’entrave  au  fonctionnement  des institutions  représentatives  du  personnel,  disproportionnée,  inefficace  et  très exceptionnellement  appliquée,  est  supprimée.  Parallèlement,  le  montant  de  l’amende pénale est majoré pour rendre le délit d’entrave plus dissuasif.

–          Le régime des impatriés est réformé de manière à leur permettre de conserver le bénéfice des exonérations fiscales attachées à leur statut en cas de changement de poste,  pour une durée toujours identique de 5 ans. Cette réforme renforce l’attractivité du pays à l’égard des cadres de haut niveau s’expatriant en France.

–          Les entreprises sont incitées à développer la mise en situation en milieu professionnel des travailleurs handicapés, levier très fort d’insertion et de levée des freins à l’emploi.

–          La loi relative à la sécurisation de l’emploi de juin 2013 est précisée, dans l’intérêt des salariés, notamment pour l’obligation de reclassement à l’international, le périmètre  d’ordre des  licenciements,  ou  les  moyens  déployés  dans  le  cadre  d’un  plan  de  sauvegarde  de l’emploi (PSE). Les dispositions du projet de loi s’inscrivent dans le prolongement de l’ANI du 11  janvier  2013  qui  a  permis  de  développer  le  dialogue  social,  les  PSE  se  terminant désormais,  hors  procédures  collectives,  à  plus  de  60  %  par  des  accords  collectifs majoritaires. Elles constituent des ajustements utiles qui sécurisent les salariés comme les employeurs.

–          La  lutte  contre  le  travail  illégal  est  renforcée  par  une  très  forte  aggravation  des sanctions financières, et peut conduire à la suspension d’activité d’un prestataire dans les cas  les  plus  graves.

–          La  carte  d’identification  professionnelle  permet  de  renforcer considérablement  la  lutte  contre  les  fraudes  au  détachement,  sources  de  concurrence déloyale entre entreprises et de conditions de travail inacceptables pour les salariés.

–          Renforcement des outils de lutte contre le dumping social dans les secteurs du transport routier et du transport fluvial de marchandises. Désormais, tout conducteur qui effectue des opérations de cabotage, à l’occasion d’un transport international, bénéficiera des règles sociales et du salaire  minimum  en  vigueur  en  France  dans  les  secteurs  concernés.  Les  transporteurs étrangers,  qui  font  travailler  en  France  des  conducteurs  sans
fournir  l’attestation  requise, pourront donc être poursuivis pour travail illégal. Des objectifs de contrôle ambitieux ont été fixés pour 2015 par le Premier ministre.

Voilà sans doute les mesures dont on a le plus parlé. La maire de Paris est par exemple opposée à ce que les ZTI soient décidées sans consultation de la municipalité. Les syndicats ont appelé à défiler contre une réforme de la justice prud’homale qui se ferait contre l’intérêt des salariés. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui les délais prud’homaux sont en moyenne de 15 mois, et de 4 ans à Paris ; que les décisions font l’objet d’appel à 65%, et dans 70% des cas les décisions examinées en appel sont soit annulées soit modifiées.

Toutes ces réactions sont pour moi la preuve qu’il est bien difficile de « réformer en ce pays ». On peut aussi se dire, pour ceux qui sont opposés, que ce qu’une  loi a mis en place peut être défait par une autre loi s’il s’avère que le résultat est négatif.

Ces dispositions ont en tout cas été adoptées par l’Assemblée Nationale avec 559 amendements.

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Je suis aujourd’hui retraité mais j’ai occupé, tout au long de ma vie active, des postes de dirigeants dans plusieurs sociétés françaises et étrangères. Cela m’a permis de voyager dans le monde entier, de rencontrer des cultures différentes et d’être confronté à des modèles de pensée et des visions économiques différentes.

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